Les assemblées parlementaires françaises

Après avoir rappelé les grandes étapes de l'émergence puis
du triomphe du parlementarisme, qui se confond, en France, avec
celui de la République, Pascal Jan nous convie à un parcours
exhaustif à la découverte du rôle et du fonctionnement des
assemblées parlementaires sous la V<sup>ème</sup> République.
Consacré en 1875, le régime parlementaire est néanmoins
accusé de tous les maux : on lui reproche l'instabilité gouvernementale,
la lenteur dans le vote et la mise en oeuvre des réformes,
le développement des intrigues. En cas de désastre, il est désigné
à la vindicte populaire. Politiquement déconsidérés pour n'avoir
pas pu résoudre les problèmes de l'après guerre, l'institution parlementaire
et ses pouvoirs sont redéfinis par les constituants de
1958. Le remède est radical ; pour les tenants de la primauté du
Parlement dans l'édifice institutionnel, une page est tournée : la
maîtrise gouvernementale du processus législatif, les règles strictes
du contrôle de l'exécutif instaurent un «parlementarisme rationalisé»
cher au général de Gaulle.
Si les premières années de la mise en place des nouvelles institutions
se traduisent par un affaiblissement du rôle de l'Assemblée
nationale et du Sénat, Pascal Jan montre que l'évolution ultérieure,
par le biais de la pratique comme des révisions constitutionnelles,
a redonné aux deux chambres un certain lustre, qui paradoxalement
s'accentue ces dernières années avec l'approfondissement
du processus communautaire et les nouvelles règles de fonctionnement
des pouvoirs publics.