Le goût des mères

Que seraient le roman, la poésie, le conte sans
la toute-puissance de la figure maternelle ?
Sainte ou marâtre, tendre, envahissante, adorée, détestée,
inconnue, recherchée, morte et pleurée, rivale
ou figure unique de la féminité, courageuse ou soumise,
la mère inspire et traverse la littérature dans
tous ses états. Et que dire de la mère symbolique,
mère Patrie ? Et de la mère Nature ou de
la déesse Terre-mère des religions précolombiennes
que les Amérindiens du sud nomment Pachamama ?
Qui cherche à illustrer le goût de la mère doit tracer
son chemin à travers la forêt dense des figures
maternelles qui, de Pétrarque à Morris et Goscinny en
passant par Racine, Colette, Albert Cohen,
Jules Renard, Albert Camus, Elias Canetti, Claude Simon,
Roland Barthes, Annie Ernaux, Marguerite Duras,
Jean Rouaud, J.M. Coetzee, JMG Le Clézio, Jean Noël Pancrazi
et bien d'autres, hantent leur imaginaire d'écrivains.