Cinq pour cent de vérité : la dénonciation dans l'URSS de Staline (1928-1941)

Cinq pour cent de vérité : la dénonciation dans l'URSS de Staline (1928-1941)

Cinq pour cent de vérité : la dénonciation dans l'URSS de Staline (1928-1941)
Éditeur: Tallandier
2004500 pagesISBN 9782847341294
Format: BrochéLangue : Français

À l'été 1928, alors qu'il s'apprête à engager le tournant de la

collectivisation, Staline lance, sous le nom d'autocritique,

une vaste campagne de dénonciations. «Bien sûr, affirmet-il,

nous ne pouvons exiger que la critique soit exacte à 100 %.

Si elle vient d'en bas, nous ne devons même pas négliger une

critique qui ne serait exacte qu'à 5 ou 10 %.» Au nom de la lutte

contre le bureaucratisme, les citoyens sont invités à adresser aux

autorités leurs motifs de mécontentement, à «révéler» les abus et

à «démasquer» leurs auteurs. Cette pratique va prendre une

place grandissante tout au long des années trente.

Fondée sur des archives difficilement accessibles, cette étude

analyse finement le fonctionnement du pouvoir stalinien et aborde

la dénonciation dans toute sa complexité. Elle n'est pas qu'un

instrument de répression ou un moyen pour certains d'assouvrir

leurs vengeances ou de manifester leur haine.

Elle est aussi, pour les citoyens soviétiques interdits de grève ou

d'opposition, un moyen de dire leur mal-être, leurs frustrations.

Le mécontentement populaire emprunte cependant une forme

soigneusement canalisée par le pouvoir et donc politiquement

inoffensive. Ces «signaux» sont ainsi des descriptions terribles,

directes de la vie quotidienne des Soviétiques, de la violence et

de la pénurie qui résonnent comme autant de «voix dans le

désert». La délation abjecte y côtoie des plaintes déchirantes,

mais aussi des attaques violentes, fruits d'une colère franche :

«Le camarade Staline... est une arme puissante entre les mains

de nos ennemis. Cela veut dire que, à la tête du parti communiste,

il y a peut-être, à l'insu de la population, le chef des éléments

koulaks. Il me semble que tout citoyen consciencieux de notre

Union, celui qui a porté sur ses épaules le poids de la Révolution

ne laissera aucun Staline lui fermer la bouche...»

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