Les travailleurs étrangers saisonniers : entrée en France, séjour, protection sociale : analyse, textes de référence et jurisprudence

Depuis les années 1970, des contingents de travailleurs étrangers fournissent
chaque année une main-d'oeuvre indispensable aux activités économiques
saisonnières de la France, notamment dans le secteur agricole. Jusqu'en 2006,
ils revenaient chaque année pendant des dizaines d'années mais la durée de
leurs «contrats OMI» était limitée à six mois (ou à huit mois) par an.
La réforme législative du 24 juillet 2006 a créé une carte de séjour temporaire
d'une durée de validité de trois ans mention «travailleur saisonnier» qui
autorise son titulaire à séjourner et travailler en France six mois par an.
Cependant rien d'essentiel n'a changé : le statut de travailleur saisonnier
reste destiné à attirer en France une main-d'oeuvre captive définitivement
dépourvue du droit de s'y installer et d'évoluer professionnellement.
Ce cahier juridique présente d'abord le nouveau dispositif de l'entrée
et du séjour en France du travailleur étranger saisonnier et analyse les
interprétations qu'en donne l'administration. Il explore les droits auxquels les
saisonniers peuvent aspirer : droit à un titre de séjour moins précaire (salarié,
vie privée et familiale), droit à une requalification de leur contrat de travail en
CDI, droit à la protection sociale.
Les trois associations qui éditent cet ouvrage mènent ensemble, depuis
plusieurs années, un combat pour les droits des travailleurs étrangers
saisonniers qui s'appuie principalement sur la défense syndicale et juridique
des saisonniers agricoles dans les Bouches-du-Rhône. Le texte qui suit reflète
cette action collective : l'analyse des textes réglementaires y est confrontée
aux pratiques contestables de l'administration et aux stratégies élaborées
pour les contester.