Les 300 jours de Verdun

Le 21 février 1916 à l'aube, un déluge de fer et de feu s'abat sur les positions françaises de la
région fortifiée de Verdun. La plus grande bataille de la Première Guerre mondiale vient de
commencer. Elle durera 300 jours et 300 nuits, et s'achèvera par une victoire française : malgré
la détermination et la supériorité en artillerie des Allemands, «ils ne passeront pas !». Mais le
prix à payer sera terrible : 300 000 morts et disparus, 400 000 blessés, français et allemands
confondus, un paysage labouré par 60 millions d'obus, des villages entiers rayés de la carte...
Pour commémorer ce duel de Titans, il fallait un ouvrage d'exception.
Un an de travail a été nécessaire aux équipes réunies par les Éditions Italiques (historiens civils
et militaires, iconographes, infographistes, secrétaires de rédaction, maquettistes...) pour
réaliser l'album-souvenir que méritait le sacrifice des poilus : un an pour explorer les
kilomètres de rayonnages du Service historique de la Défense qui, pour la première fois, a
ouvert à un éditeur tous ses fonds sur la Grande Guerre. Un an pour extraire de ce gisement
unique les documents les plus forts et les plus émouvants. Un an pour numériser de précieux
originaux rarement, voire jamais, sortis jusque-là de leurs cartons d'archives. Un an pour
restaurer des milliers d'images choc qui nous plongent dans le quotidien des combattants et
l'horreur de leur condition. Un an pour photographier, dans les plus grandes collections
publiques et privées, les armes, les pièces d'uniformes, les objets de tranchée qui font ressurgir
sous nos yeux la vie et la mort des soldats de Verdun. Un an pour dépouiller les journaux de
marche et d'opérations des régiments, les dépêches d'état-major, les rapports des officiers et
les dossiers des grands acteurs du drame. Un an pour sélectionner, parmi les trésors
cartographiques inédits du château de Vincennes, la carte ou le croquis d'artillerie d'époque
qui replace l'action dans son cadre géographique et topographique. Un an pour retrouver, en
France et en Allemagne, les lettres et les témoignages qui nous font revivre chaque jour et
chaque épisode de la bataille de l'intérieur, aux côtés des combattants des deux camps. Un an
pour donner à cette matière éditoriale d'une richesse jamais atteinte le traitement artistique
qu'elle appelait.
Au-delà du récit des combats que ce livre détaille jour par jour et souvent heure par heure, de
nombreux encadrés thématiques éclairent d'autres aspects trop souvent oubliés de la bataille.
Car raconter Verdun, c'est aussi expliquer l'importance des armes nouvelles et effrayantes, tels
les gaz de combat ou les lance-flammes, qui transformèrent le bois des Caures, le ravin de la
Mort, les forts de Vaux et de Souville ou la cote 304 en autant d'enfers. C'est montrer que la
victoire a été également arrachée dans le ciel, par les as de la chasse, de l'observation aérienne
et du bombardement. C'est rendre aux obscurs, aux sans-grade - conducteurs, brancardiers,
muletiers, hommes de soupe, infirmiers, aumôniers, gendarmes, territoriaux... -, dont le rôle
est trop souvent oublié, l'hommage qui est dû à leur sacrifice anonyme.
Car, on l'aura compris, le vrai héros de ce livre-événement, c'est toujours, en définitive, le
poilu de Pétain ou le feldgrau du Kronprinz. L'homme, tout simplement, avec ses traits
d'humour ou de colère, ses moments de grandeur et de découragement, ses heures de gloire
et ses heures de doute.