Vie précaire : les pouvoirs du deuil et de la violence : après le 11 septembre 2001

Dans le monde de l'après-11 septembre et de la «guerre contre le
terrorisme», qui bénéficie du statut d'être humain ? Quelles vies sont
jugées dignes d'être vécues, quelles morts d'être pleurées ? Comment
éviter que le deuil et la douleur n'aboutissent à l'intensification du cycle
de la violence et de la contre-violence ? Comment préserver une sphère
publique où le déploiement de la pensée critique reste possible ? Ce sont
ces questions qu'explore ce livre au travers de l'analyse de la censure et
de l'anti-intellectualisme aux États-Unis, de la condition des prisonniers
de Guantanamo et de l'accusation d'antisémitisme récurrente dans
les débats sur le conflit israélo-palestinien. Selon Judith Butler, la
réaffirmation violente de la souveraineté impériale des États-Unis repose
sur la dénégation des limites de cette souveraineté et constitue une forme
de compensation désastreuse à la vulnérabilité et à l'interdépendance
qui caractérisent fondamentalement le monde actuel. Pour mettre un
terme à cette logique destructrice, il est nécessaire de prendre acte de
celles-ci, mais aussi de faire en sorte que le travail de deuil dans lequel la
société américaine est engagée inclue certains morts dans l'espace public
- ceux précisément qui aujourd'hui ne comptent pas.