Taches de rousseur : haïku d'automne. L'arbre, la mer et la femme

Le temps à fleur de peau. On lit : on voit se tacher des feuilles,
on les écoute tomber, on repasse des choses en son coeur parce
que l'attention minutieuse au temps qu'il fait suscite une perception
aiguë du temps qui passe. C'est un chrysanthème que
l'on effeuille au long de ces haïku d'automne qui font suite à
ceux d'été, joyeux et impertinents. Les haïku de Claire Fourier
ne sont pas rassemblés au hasard de l'inspiration - ou de la
cueillette, tel un herbier - mais selon un ordre logique : ils épousent
pas à pas la venue, le déploiement, le glissement de la saison.
Ce sont de tout petits romans de saison mis en musique et
en poésie. Taches de rousseur est ainsi le roman de l'automne. Ces
poèmes s'inscrivent dans un cycle qui comprendra les quatre saisons.
On retrouve dans cette série d'un peu plus de quatre cents
haïku la vision teintée d'humour, de mélancolie et de tendresse,
ainsi que la douce insolence qui inspirent les livres de Claire
Fourier.