Rue du Bac : salut aux années Blondin

«L'homme est avenant dans son manteau de tweed qui retient
encore le parfum ambré des escales, et ses valises bariolées obligent
au respect de l'étiquette. L'expérience de tout un univers
et une grande sympathie sont dans ses bagages. Tel quel, il
incarne le parfait gentleman à la bonne franquette. Mais je vais
dire enfin ce qui me brûle la plume depuis longtemps, à savoir
que Denis Lalanne écrit parfaitement bien dans un style familier
et savant, souvent imprévu, rarement lyrique, manipulant
la phrase et le mot avec aisance pour les faire retentir au-delà
de la signification littérale. Chaque page possède la saveur d'une
pochette-surprise.» ( Antoine Blondin, mars 1966. )
«Lorsque nous étions des stagiaires - et gueux au point
que nous n'avions que la ressource du snobisme -, nous appréhendions
d'être affectés au secrétariat de rédaction des services
sportifs. Notre dédain supportait néanmoins une exception :
nous admettions que Denis Lalanne était à part. Je ne lisais
L'Équipe que pour lui et la chaleur humaine qui le caractérise.
Son plus récent ouvrage, Le Temps des Boni , était un hymne à
l'amitié. Lecture terminée, les notes persistant en nous, on distinguait
en contrepoint les pleurs d'Achille sur le corps de
Patrocle. Bien que je paraisse prêcher contre ma paroisse,
j'avoue que je suis souvent agacé par la suprématie accordée
au roman. La littérature est une substance volatile qui se dépose
où elle veut. Ainsi est-on tout de suite alerté par le talent d'écrivain
de Denis Lalanne. On rêve de la préface qu'Antoine Blondin
aurait rédigée pour lui, prouvant qu'ils étaient tous deux
de plain-pied. Mais voici justement Rue du Bac. C'est le livre
que nous attendions pour les associer à bon titre dans notre
index sentimental.» ( Angelo Rinaldi, de l'Académie française. )