Guy Môquet, mon amour de jeunesse : récit

Il lui avait donné un bijou. Un anneau plat ciselé sur un motif de losanges, confectionné à partir d'une pièce de 2 francs : la première bague qu'Odette ait jamais portée à son doigt. En échange, il n'avait demandé qu'un baiser. « On verra ! » Ils avaient dix-sept ans. Tous deux militants communistes, détenus au camp de Châteaubriant. Lui s'appelait Guy Môquet.
Le dernier cadeau de Guy, c'est un gendarme qui l'a remis à Odette, le 22 octobre 1941. Un billet, hâtivement griffonné. « Je vais mourir avec mes 26 camarades. Nous sommes courageux. Ce que je regrette, c'est de n'avoir pas eu ce que tu m'as promis... » La première lettre d'amour d'Odette. La dernière de Guy Môquet, fusillé ce même jour avec ses camarades, par grand soleil. Symbole de la résistance aux représailles aveugles, son martyre va contribuer à retourner l'opinion française.
Cette lettre, Odette a décidé qu'elle la garderait toujours avec elle. De camp en camp, dans la clandestinité avec les FTP, à l'heure de la Libération, le souvenir de ce jeune homme sacrifié ne l'a jamais quitté. Aujourd'hui, il oppose à toutes les récupérations son sourire, sa tranquillité et le secret qui le liait à sa « petite marraine ».
Odette Nilès raconte ici un autre Guy Môquet, cultivé, joyeux, déterminé. Une histoire de fidélité, illustrée de documents inédits. Une histoire de lutte, de courage et d'amitié.