Bernard Pourrière : performances, installations sonores et vidéos. Bernard Pourrière : performances, sound installations and videos

«Dans l'oeuvre de Bernard Pourrière, installations, performances et dessins, photographies et vidéos ont, à
chaque fois, une autonomie plastique : ils constituent les étapes successives, moins d'une exploration des
médiums sonores, que des matériaux et des médiums artistiques par et avec le son et ses déclinaisons.
[...]
Mécaniques, automatiques puis déréglés, les gestes sont produits en quelque sorte pour eux-mêmes dans
les vidéos de Bernard Pourrière. Tel le vocabulaire éphémère de leur propre dynamique, ils sont vides de sens
apparent et le corps y est souvent mis en difficulté, dans une contrainte, presque maltraité, contrarié. Ainsi,
coincé sous une table ou élaborant une position impossible, le corps (de l'artiste ? du performeur ? d'un sujet
à l'état d'idée ?) produit un mouvement d'abord minimal qui procède, ensuite, du burlesque. En s'inscrivant
dans une tradition qui traverse alors le cinéma (on songe aux mouvements de Jacques Tati), l'art contemporain
(aux performances de Bruce Nauman) et la chorégraphie (à Silence Must Be! de Thierry de Mey), entre
mime et signaux, ce corps se fragilise : contrarié mais déterminé, il devient de plus en plus perdu mais aussi
musicien, ou plutôt il véhicule des sons.»
Alexandre Castant
"In Bernard Pourrière's oeuvre, installations, performances, drawings, photographs and videos have a plastic
autonomy every time. They constitute the successive stages of an exploration not so much of sound media as
of artistic media and materials, through and with sound and its variations.
[...]
Mechanical, automatic then irregular, the gestures are produced, in a way, for their own sake in Pourrière's
videos. The ephemeral vocabulary of their dynamics is such that they are devoid of any apparent meaning
and the body is often in difficulty, under stress, almost ill-treated, frustrated. In fact, wedged under a table or
taking up an impossible position, the body (of the artist? of the performer? of a subject at the idea stage?) at
first makes a minimal movement, which then becomes comical. This follows a tradition in cinema (one thinks
of the antics of Jacques Tati), in contemporary art (the performances of Bruce Nauman) and in choreography
( Silence Must Be! by Thierry de Mey), combining mime and signs. The body weakens, frustrated yet determined,
it becomes increasingly lost but also increasingly a musician, or rather a vehicle for sounds."
Alexandre Castant