L'art brut : l'art outsider et au-delà

Actuellement, il n'est plus possible de mépriser ou d'ignorer l'art
des visionnaires, créateurs populaires, spiritualistes, reclus, «fous»
et marginaux. Direct, spontané, cet art se caractérise par une
invention d'une rare fraîcheur. L'un des premiers à accorder de
la valeur et à collectionner de telles oeuvres fut Jean Dubuffet.
Pour celles qui, selon lui, représentaient «la forme la plus pure
de la création», il inventa le terme d'«art brut» : brut parce qu'il
n'a pas été transformé par la culture et qu'il est directement issu
de la psyché. Un art à vif, comme on le dit d'un nerf. Cinquante
ans plus tard, l'enthousiasme ne s'est pas estompé, loin de là, et
diverses terminologies définissent aujourd'hui une expression
créatrice qui se situe en dehors du monde de l'art conventionnel.
Dans L'art Brut , John Maizels retrace l'histoire de la
reconnaissance et de l'étude de cet art tout en examinant les
différentes théories et les définitions qu'il a suscitées. Il étudie
en détail l'oeuvre d'artistes, qu'il s'agisse de maîtres de l'art brut
comme Adolf Wölfli et Aloïse Corbaz ou de représentants du
folk art américain aussi doués que Bill Traylor et Mose Tolliver.
Il consacre plusieurs chapitres aux grands environnements
visionnaires et présente un panorama mondial de ces réalisations,
qu'il s'agisse des Watts Towers de Rodia à Los Angeles, du Palais
idéal du Facteur Cheval, dans le sud de la France ou de l'étonnant
parc de sculptures de Nek Chand, dans le nord de l'Inde. L'Art brut
est le guide indispensable et sans précédent de l'art autodidacte
et constitue un fascinant témoignage de la créativité humaine.