Troufion en Algérie : en grande Kabylie avec le 27e BCA, 1955-1957 : les bons et les fichus moments d'un jeune sergent

En septembre 1955, 4 000 troufions embarquent à
Marseille. Jean Demay à 20 ans doit quitter son Poitou et
son métier de plombier-couvreur pour aller pacifier la
Kabylie. Il assiste alors à d'horribles massacres, aux mutilations,
à la fureur des fatmas. «J'entrevois un corps qui
tressaute encore, pauvre soldat qui laisse ses 20 ans dans
ce coin de djebel en révolte».
L'auteur nous parle des règlements de comptes
entre Kabyles, entre sympathisants du FLN et leurs ennemis
du MNA, des agitateurs locaux que l'on rencontre sur
les marchés, d'un vieil autochtone pris en train de fumer -
vice désormais interdit par le FLN - et qui aura les lèvres
ou le nez coupé. Il nous dit aussi : «Il n'y a pas que des
égorgeurs chez les rebelles, cela dépend souvent de l'humeur
d'un chef».
Ce texte rassemble quantité d'observations sur les
combats mais aussi sur le mode de vie des habitants, sur
l'influence de la religion, sur le despotisme des chefs, la
soumission des humbles. D'un réel intérêt historique ce
livre rappellera quantité de souvenirs à tous ceux qui ont
dû effectuer leur service militaire en Algérie.
C'est aussi le texte d'un homme courageux, qui surmonte
vaillamment les coups de cafard devant la quille
sans cesse repoussée qui envoie des propos toujours rassurants
à ses parents, qui avoue sa fierté quand il est
nommé sergent, et parle de liens d'amitiés inaltérables
avec ses compagnons d'infortune.