Ecriture du pouvoir, pouvoir de l'écriture : la réalité sociale et politique dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar

Marguerite Yourcenar détestait les étiquettes politiques. Non pas
qu'elle n'ait jamais exprimé d'opinions politiques, au contraire : elles
foisonnent dans la fiction, les essais, la correspondance et les entretiens,
et sont d'ailleurs contradictoires. Alternance plutôt troublante
pour qui la lit. Anticonsumériste, altermondialiste, écologiste, pacifiste,
contestataire, anarchisante, antifasciste... mais soupçonnée
d'antisémitisme, antidémocratique par moments, antiféministe, et
parlant du bon peuple en bonne aristocrate. Quelle mosaïque de ces
-ismes que Yourcenar disait pourtant détester !
Les vingt-six contributions de ce volume ont relevé le défi d'y voir
plus clair dans la vision de la réalité politique et sociale que manifeste
l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, et dans sa relation parfois ambiguë
au pouvoir. L'articulation du savoir et du pouvoir, la position du
marginal, la perspective historique, l'ambiguïté du discours et celle du
personnage, la figure même du monarque ou de l'homme d'État
prennent à l'analyse des résonances étonnamment actuelles et
témoignent de la complexité et de la puissance de l'imaginaire
yourcenarien.