Le droit et le sacré chez Spinoza

La jeune république des Provinces-Unies dans laquelle
Spinoza voit le jour est née des guerres et des massacres
justifiés par la religion. Le philosophe a compris les
conséquences de la complicité entre le religieux et le politique.
Il décide de les séparer et de faire surveiller par
l'autorité civile toutes les manifestations des religions et
des sectes qui prolifèrent sous ses yeux. Il consacre deux
ouvrages à cette tâche : le Traité théologico-politique et
le Traité politique. Mener à bien ce travail passe par la
désacralisation du droit qui, selon le philosophe, nécessite
une nouvelle lecture de la Bible ou plus précisément
de l'Ancien Testament. Pour en montrer au lecteur la
valeur, il n'hésite pas à brosser le portrait des juifs et du
judaïsme à l'aide de contre-vérités et de manipulation
des textes. Cette entreprise est faite sous le signe de la
raison mais est-elle bien raisonnable ? Pris à son propre
piège, Spinoza nous présente une vision du politique
redoutable parce que candide : une société totalitaire
drapée dans l'alibi de la liberté de conscience.