Le vent de neige

Le vent de neige , en ces contrées de Haute-Ardèche
et de Haute-Loire, plus particulièrement
ces «Hautes Terres» de la région du Monastier,
c'est celui qui rabote les étendues incultes, s'abat
sur les plateaux et y couche les arbres en furie,
s'insinue dans les dépressions qu'il comblera avec
la neige, remonte et coule sur les roches plates où
les druides officiaient jadis... Mais le vent de
neige , c'est aussi celui qui prépare les crimes,
mûrit les germes infestés dans le coeur affolé des
hommes.
Dans cette atmosphère lourde de menaces et
de maléfices, vont s'affronter les personnages :
puissants contre faibles, hommes contre
femmes. «Les Longues Terres» ? Une ferme,
véritable enclave fortifiée par les sentiments de
possession, de domination, de jalousie, de passions
exacerbées, de tendresses refoulées ;
société rurale patriarcale où l'homme prédominant
méprise le plus souvent la femme jusqu'à
l'humiliation. Sous le ciel où se croisent oiseaux
noirs, oiseaux blancs, oiseaux symboles, se
nouent et se déchaînent jusqu'au meurtre les
passions trop longtemps contenues.
Suzanne de Arriba excelle dans la psychologie
des êtres qu'elle met en scène ; l'angoisse est
permanente, l'atmosphère constamment pesante
comme pour mieux souligner la force des fugitifs
instants de bonheur, d'évasion et d'espérance.