Lorsque les gens d'ici découvraient l'Amérique : au temps de Pierre Dugua, de Mons et de Samuel de Champlain

Pour comprendre l'extraordinaire aventure des «Terre Neuviers» de la Seudre et de la Gironde au
XVI<sup>e</sup>
siècle, au cours de navigations d'une incroyable précarité, sur un océan peuplé de dangers
inconnus et
de monstres marins nés des croyances et des superstitions de l'époque. Lorsque les mariniers et marchands
sauniers de la presqu'île d'Arvert, vendaient leur sel aux Basques et aux Normands, armaient
leurs propres navires pour la pêche de la morue en Amérique Septentrionale, installaient sur les côtes du
Canada des établissements de séchage de poisson et traitaient les fourrures avec les Amérindiens. Les
emprunts contractés auprès des Bourgeois de Bordeaux ou de La Rochelle pour financer les campagnes
de pêche vers «La Terre Neuve» étaient nommés par les notaires «à la grosse
aventure».
Avec la liste
des navires et de leurs équipages, partant chaque année, entre 1546 et 1580, depuis Mortagne,
Saint-Seurin-d'Uzet,
Talmont, Meschers, Royan, La Tremblade, Arvert, Mornac, Fontbedeau, Ribérou, d'après
les actes notariés conservés aux Archives de Bordeaux et transcrits par Marc Seguin.
Sur les traces de ces hardis navigateurs, cinquante années plus tard, en 1604, le royannais Pierre Dugua de
Mons, accompagné par Samuel de Champlain, de Brouage, fondait la première colonie française en Acadie,
sur l'île Sainte Croix. La fondation de Québec devait suivre en 1608. Champlain s'instituait le scribe et
l'illustrateur
de cette expédition. Pour la première fois dans l'histoire de l'édition des oeuvres de Champlain,
voici réuni, en un seul ouvrage, l'essentiel des cartes et gravures illustrant les quatre livres de voyage «en
la Nouvelle-France». Les légendes sont, pour ainsi dire, de la main de l'auteur , grâce à un
subterfuge informatique.
En effet, seul le carnet de notes de Champlain, du moins lui est-il attribué, intitulé «Brief
Discours» et concernant ses voyages aux Caraïbes en 1598 et 1601, a été retrouvé. A partir
de ce manuscrit,
Patrick Henniquau a recomposé une écriture de l'époque, détaillé les gravures et choisi
les légendes
parmi les récits de Champlain. Il a confié le tout aux mains expertes de Laure Cotin, laquelle a
calligraphié,
à l'encre de Chine colorée, un ouvrage original, artisanal, réplique imaginaire mais probante des carnets
disparus,
reflet de la créativité même de Champlain. C'est en parcourant le Grand Livre à la loupe ,
que vous
en saisirez toute la richesse, source unique d'une véritable initiation à la découverte de la
Nouvelle-France
par les premiers colons, et à leur rencontre avec les premiers habitants du Canada, les Amérindiens.