Figures de la singularité

Qu'elle soit une valeur, un mythe, une idéologie moderne ou la garante d'un nouveau
réalisme libre de toute idéologie, la singularité est toujours un parti-pris.
Ainsi la singularité du Robinson de Defoe fait-elle oublier l'invraisemblance
psychologique flagrante de sa performance solitaire et forge-t-elle le rêve démiurgique
moderne de l'individu auto-suffisant et autonome. Le parti pris peut être nominaliste
- car le nominalisme (Occam, Mauthner, Stirner, Nietzsche...) ne connaît d'objets que particuliers
-, subjectiviste (Rousseau, Goethe...), esthétique (Huysmans, Wilde, Barrès...),
nationaliste (Barrès encore...) ou prendre la forme d'une stigmatisation assimilant génie et
folie, exception et idiotie...
Les Figures de la singularité explorent l'aspect nominaliste jusque dans ses variantes «quelconques»
(Clément Rosset, G. Agamben) et la philosophie du sujet de l'époque idéaliste
jusque dans ses conséquences solipsistes (Fichte). Elles s'intéressent à la singularité biographique
et narrative de l'époque moderne et à la diversité de ses incarnations : artistes créateurs
d'eux-mêmes, rebelles, dissidents... Comme aurait dit Nietzsche, c'est un thème pour chacun
et personne, au croisement de la philosophie, de la littérature et de l'imaginaire collectif.