Ecrire la peinture : de Diderot à Quignard

Ecrire la peinture : de Diderot à Quignard

Ecrire la peinture : de Diderot à Quignard
2015495 pagesISBN 9782850885945
Langue : Français

Les premières descriptions d'oeuvres d'art en littérature

remontent à l'Antiquité avec L'Iliade et L'Énéide - d'où le

terme d' ekphrasis utilisé pour qualifier cet exercice de style,

ce défi rhétorique qui consiste à donner à voir ce qui n'est

pas sous les yeux, à restituer l'indicible beauté plastique

par la magie des mots.

À la Renaissance, les deux Muses, l'Art et la Poésie

se trouvent des affinités électives. Poètes et écrivains

dès lors rivalisent d'audace et d'inventivité pour rendre

compte de tableaux dans leurs oeuvres.

Avec Diderot, le genre acquiert ses lettres de noblesse et

entre dans l'histoire littéraire. Pendant plus de vingt ans,

de 1759 à 1781, il excelle à rendre compte des Salons

de peinture du Louvre où exposent les Chardin, Greuze,

Vernet et autre Fragonard. Le ton est donné, libre et vif,

sans demi-teinte dans les jugements de valeur, qu'ils

écorchent ou qu'ils portent au pinacle. C'est cette liberté

qui fera les grandes heures de la critique d'art au XIX<sup>e</sup> siècle

avec Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola, Mirbeau...

Leur prose vibrante et enlevée jouera un rôle important

dans la reconnaissance des peintres de la modernité

tels les impressionnistes (Manet, Monet notamment).

Au XX<sup>e</sup> siècle, les sphères de la peinture et de la littérature

s'entrecroisent, voire se confondent ; peintres et écrivains

partagent les mêmes sources d'inspiration, défendent

les mêmes aspirations au renouveau esthétique. Ainsi

naissent les grands duos «écrivain-artiste» : Proust-Monet,

Apollinaire-Picasso, Breton-Ernst, Genet-Giacometti,

Beckett-Van Velde, Leiris-Bacon... Plus que jamais, dans

une émulation créatrice très féconde, la plume des uns

devient le prolongement désigné du pinceau des autres.

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