Le licite et l'illicite : dans les ressources

Cette obligation (la recherche de ce qui est licite
dans les ressources), par rapport aux autres, est celle
qui nécessite le plus d'effort pour sa compréhension et
sa mise en pratique. C'est pourquoi on constate la
disparition de sa connaissance et de son application, sa
méconnaissance étant la cause de son inexistence dans
les actes. Ainsi, les ignorants ont pensé que le licite
était introuvable, qu'il n'y avait aucun moyen d'y
parvenir, qu'il ne restait plus de bonnes ressources que l'eau claire et l'herbe des
terres incultes, le reste ayant été souillé par les mains transgresseuses et des
conventions viciées. Comme il n'est pas envisageable de se suffire d'herbe, il ne
reste plus, selon eux, d'autre moyen que d'employer largement les ressources
illicites. Ils rejettent ainsi à la base ce domaine éminent de la religion et ne discernent
pas de différence ou de mérite entre les biens.
La généralité du préjudice que constitue leur innovation dans la religion,
l'ampleur de son extension auprès du public, commandaient de dévoiler son
caractère néfaste, en indiquant comment percevoir la différence entre ce qui est
licite, illicite et équivoque.
Ainsi al-Ghazâlî présente le "Livre du licite et de l'illicite" (Kitâb al-halâl wa'lharâm),
un chapitre de son traité, "La Revivification des sciences de la religion"
(Ihyâ' `ouloûm al-dîn). Cette oeuvre donne au croyant des repères éthiques, afin de
renforcer son scrupule et d'élever ainsi sa dignité.