Raphaël : la chambre de la Signature

En 1508, Raphaël (1483-1520) quitte Florence à
l'appel de Jules II. À ce pape mécène il doit sans
doute beaucoup de sa notoriété puisque c'est aux
côtés des grands chantiers, de Bramante à
Michel-Ange, au coeur de la Ville Éternelle, qu'il
a pu donner les meilleures preuves de son talent.
La Chambre de la Signature est la première, et
la plus célèbre, parmi les quatre que Raphaël
réalise pour décorer le nouvel appartement
pontifical au Vatican.
Les fresques de la Chambre de la Signature
-ancienne bibliothèque privée du Pape- traitent
des grands genres livresques. Raphaël y met en
scène l'histoire à travers les Vertus cardinales , la
théologie, avec Le Triomphe de l'Eucharistie , la
poésie, avec Le Parnasse et la philosophie, à travers
L'École d'Athènes.
Si Raphaël choisit de mêler en poésie Horace et
Dante, s'il réconcilie en théologie Duns Scot et
Thomas d'Aquin, s'il nous fait rêver à une
Athènes où les rivalités philosophiques ont
disparu, cette opus hominis effervescente, éclectique,
puise cependant ses sources dans un
catholicisme plus traditionnel.
L'oeuvre raphaëlesque se veut cosmique dans
sa dimension esthétique. Les quatre éléments y
président et jettent, du haut des parois, un avertissement
solennel aux spectateurs : c'est ici que
la Nature offre à l'Histoire sa modernité, à l'Art
ses modèles d'imitation. Raphaël en immortalise
toute l'idéalisation. Par là-même, c'est lui qui
annonce tous les académismes à venir, en livrant
à la postérité les canons picturaux que l'art
occidental s'appropriera pour longtemps.