Comment la France a perdu l'Afrique

La crise en Côte d'Ivoire est le symbole de
la fin de la présence française en Afrique.
La France a rapatrié ses ressortissants sous
les huées, sinon sous les balles. Ailleurs,
elle est déjà partie en catimini, à la fin de la
guerre froide, quand l'Afrique a été abandonnée
à son sort : effondrement de l'État, guerres, sida...
L'aide a été amputée, les coopérants ont été retirés. Seule
l'armée française est restée enfermée dans ses bases, garde
prétorienne de régimes indéfendables. Après avoir été
pendant plus de quarante ans le «gendarme de l'Afrique»,
la France s'est recyclée en «gardien de la paix». De plus
en plus souvent, les États-Unis et la Chine dament le
pion à une «vieille» France gênée aux entournures par
le génocide au Rwanda, le scandale Elf, les turpitudes
de la «Françafrique»... Insensiblement d'abord, puis
à un rythme qui est allé s'accélérant, la France a perdu
«son» Afrique, celle où, de Dakar à Libreville en passant
par Djibouti, N'Djamena, Brazzaville et Antananarivo,
elle se plaisait à penser qu'elle était aimée.
Dans ce livre sans concessions, Stephen Smith et
Antoine Glaser pointent les erreurs, les lâchetés et les
ambiguïtés qui ont émaillé la politique africaine de la
France, et lui ont fait perdre ce «pré carré» qu'elle
rêvait de façonner à son image.