A l'encre des dérives

Une parole d'encre pour ne pas s'ancrer, malgré tout...
respirer, rester debout, être ici ou ailleurs, toujours en dérive,
en avant.
Au seuil des apories que sont l'espace et le temps, figurés
ici par le mouvement infini et la hantise de la mer, à l'écoute
des vertiges du jour et de la nuit, la quête d'un ailleurs
impossible, à la lisière de soi et du possible, donne voix à un
souffle d'air dans la parole. Car le navire est humain et ne
prend langue qu'en levant l'ancre.
On est tenté de porter le poids de ses rêves en avant ou en
arrière de soi, en rêvant aux mythes d'un Âge d'Or passé ou
futur... il conviendrait pourtant de le porter dans la présence,
hic et nunc, dans une étreinte hallucinatoire de la matière,
errant dans les labyrinthes de l'amour, car il y a urgence à
respirer.