Cézanne : puissant et solitaire

Paul Cézanne a fait de la peinture
l'unique préoccupation de son existence.
En 1863, il expose au Salon des Refusés,
où le Déjeuner sur l'herbe de Manet
fait scandale. Très vite, il se lie
avec les impressionnistes et montre chez
Nadar, en 1874, sa Maison du pendu , qui
voisine avec Impression, soleil levant de
Claude Monet. Mais bientôt, tandis qu'il
multiplie les séjours à Aix et
à l'Estaque, dans la lumière du Midi,
son travail prend un tour plus personnel :
l'aplatissement des plans semble enfanter
un nouvel espace. Viennent les séries,
les Sainte-Victoire, Les Baigneuses.
En 1885, un jeune marchand, Ambroise
Vollard, présente la première exposition
personnelle de Cézanne. C'est la gloire.
Dissociant nettement couleurs et dessin,
Cézanne ouvre à la modernité.
Mais le motif reste la source nécessaire,
et le peintre y revient jusqu'aux derniers
instants. Michel Hoog, spécialiste
de la période, nous invite à redécouvrir
cet oeuvre puissant et solitaire.