La spoliation des biens juifs en Lot-et-Garonne, 1941-1944

Le travail d'Alexandre Doulut est exceptionnel. D'abord
parce qu'il s'inscrit dans le sillage des recherches menées par la
Commission Mattéoli visant à recenser et indemniser les familles
spoliées. Ensuite parce qu'il place le Lot-et-Garonne dans le
cercle fermé des départements ayants osé aborder la question et
poursuivre leur quête de vérité.
Celle-ci surprend : il y a bien eu volonté de la part de Vichy
«d'éliminer de l'économie toute influence juive» , mais en
l'absence d'un représentant local du CGQJ (Commissariat
général aux questions juives) ayant en charge «l'aryanisation» ,
c'est la principale chambre consulaire du département qui liste à
sa place les magasins, entreprises et propriétés juives.
C'est elle qui propose, voire impose des administrateurs
provisoires qui, souvent mus par l'appât du gain, procèdent par
exemple à la liquidation publique des effets personnels des juifs
raflés en août 1942 à Casseneuil. Et ce, sans se soucier des
spoliés auxquels les tribunaux de l'après-guerre rendront bien
peu justice.