Le supplice du santal

En 1900, une révolte éclate sur le chantier de la voie ferrée
construite par les Allemands à travers le Shangdong. Autour
de Meiniang, la plus belle fille du canton de Gaomi, se
nouent les destins de quatre hommes : son père, Sun Bing,
chanteur d'opéra traditionnel à voix de chat et héros rebelle,
son mari Petit-Jia, boucher stupide et rêveur, son amant le
sous-préfet Qian Ding et son beau-père Zhao Jia, bourreau
officiel, dignitaire de l'Empire. Le sous-préfet est contraint
d'arrêter le chanteur rebelle et de le livrer à la plus cruelle des
tortures, le supplice du santal. Parce qu'il considère cette mise
à mort comme le couronnement de sa carrière, le bourreau,
Zhao Jia, met tout son soin à la préparer, rappelant à son
souvenir toutes les sentences qu'il a exécutées, mettant en
scène le dernier spectacle.
Bâti comme un opéra classique, lyrique et virtuose, ce livre
des supplices dépeint les derniers feux de l'univers traditionnel
chinois. La mort de l'empire Qing méritait ce traitement
grandiose. Dans un savoureux mélange de violence et de
tendresse, d'humour féroce, de truculence et de noirceur, se
découvre à nouveau le goût prononcé de Mo Yan pour les
jeux de contraste. Son art est renouvelé de plus belle, plus
affirmé que jamais. Il allie, avec un brio extraordinaire, la
profondeur d'une réflexion universelle et la modernité d'une
forme littéraire surprenante.