La peur est au-dessus de nos moyens : pour en finir avec le principe de précaution

Croyant se protéger, les Français se terrent et laissent les
autres participer à l'aventure scientifique des cellules souches ou
des transferts de gènes, sans eux. Ils interdisent l'épandage d'insecticide,
mais s'en couvrent le corps au moindre bourdonnement.
Ils dépensent l'argent qu'ils n'ont pas en dizaines de millions
de vaccins contre un virus, certes contagieux, mais peu virulent. Ils
invoquent le principe de précaution alors qu'il n'est qu'une conjuration
de l'incertitude et se révèle, à l'usage, beaucoup plus onéreux
et tout aussi efficace que de brûler un cierge à la patronne des
causes désespérées.
Avec une ostentation prétentieuse, l'esprit des Lumières
s'éteint dans le pays qui l'a vu naître. La peur est devenue le seul
fondement de toute action collective. Véritable insulte à la raison, elle
est aussi la source de la baisse de compétitivité de nos entreprises.
Il ne faut pas s'étonner : la chance sourit aux audacieux.