Misères du désir : fiction

Misères du désir , c'est un beau titre.
Quand on pense à tout les emmerdes que vous attire l'entreprise
de conquête sexuelle : humiliation du "non", frais de
table, maladies vénériennes, mariage, divorce et pension,
prison pour pédophilie, voire pire... on se dit, comme
Bertrand Cantat, que s'abstenir eût été préférable.
Qu'on se contente seulement d'écrire sur le plaisir, comme
certain puceau lettré chauve aux yeux verts, c'est alors l'art
lui-même qui vous rappelle à sa hiérarchie : si Dante avait
baisé Béatrice, point de Divine Comédie.
Misères du désir donc, on me demande d'en faire un livre...
ça me va.
Mais d'abord pourquoi moi ?
Sans doute parce que j'avais par le passé, dans un autre livre,
avant mon mariage à l'Église, revendiqué sept cents
conquêtes. Sur ces fameuses sept cents conquêtes dûment
pénétrées et homologuées, je dois au lecteur qui m'aime,
comme aux féministes qui me haïssent, une petite explication.
Moi je ne voulais pas écrire "conquêtes", je trouvais le
terme précieux et prétentieux, je voulais écrire "sondées".
Sondées c'est le terme exact du point de vue sociologique,
mais mon éditeur trouvait "sondées" trop gynécologique, fort
de l'autorité du payeur il opta pour "conquêtes" qui lui semblait
plus romantique. Du coup ce qui était dans mon esprit
pure volonté de rigueur scientifique, humilité, passa pour de
la forfanterie, et le panel représentatif de celui qui s'adonne
à la pratique avant d'écrire, par soucis de réalité, pour de la
prétention et de l'abattage, voire du mépris. Quelle gloire
peut-on tirer des filles quand on sait qu'elles sont physiquement,
psychologiquement et socialement programmées pour
ça ? Assez sur ce sujet, on l'aura compris, faire écrire un éloge
de la retenue par un ex-baiseur est un paradoxe plus attractif
que de commander le titre à Christopher Reeves ou au
père de La Morandais...