Code des gens honnêtes ou L'art de ne pas être dupe des fripons

Dévoiler les «manières les plus remarquables de
s'entrevoler dans le grand monde» et dans la
société en général, mue par une quête de l'argent qui
donne tout, le plaisir, la considération, «l'esprit même»,
tel est le propos de cet ouvrage, paru en 1825 sans nom
d'auteur, puis sous la signature du collaborateur Horace
Raisson, enfin reconnu à Balzac dans les éditions posthumes.
Plus qu'un relevé légèrement ironique des larcins
courants auxquels s'adonne la «classe des voleurs»,
le (ou les) auteur(s) désigne(nt) l'inversion de tous les
rôles censés les prévenir en l'institution systématique
d'un pillage plus redoutable. Si l'on songe à l'importance
du thème de l'escroquerie dans la Comédie humaine , le
présent Code... constitue comme un cahier d'esquisses
sur les rapports de prédation qui animent la civilisation.
Parmi les portraits de trompeurs et manipulateurs gravitant
entre deux sphères du cosmos social, l'une légitime
et l'autre occulte, s'entrevoit ainsi la figure de Vautrin.
Il s'agit en ce sens d'un recueil spécifiquement balzacien.