L'intelligentsia camerounaise : autopsie d'une décrépitude

Nous devons nous souvenir, qu'alors que le pouvoir vacillait et que
son chef ne se contentait plus que de la respiration de sa capitale
villageoise, nous entendîmes quelques-uns de ces intellectuels dont les
tribunaux de l'histoire se chargeront de rappeler les noms, encourager la
création d'une République ethnocentrée. On sait ce qu'ils ont fait par la
suite, avec cette constitution de 1996, véritable instrument de guerre
civile à retardement. Déshabillez donc l'intellectuel, et voici exposés les
poubelles et les cimetières des nations.
De tout temps, les hommes de science, pour certains irréprochables
au plan technique, ont prêté leurs auréoles aux criminels, aux causes
injustes, et aux prédateurs des pouvoirs. Certains l'ont fait
spontanément, par naïveté sans mesurer la portée et les ravages de leurs
actes, pendant que d'autres l'ont fait dans un engagement conscient, par
des choix idéologiques. Mais il y a de tout temps eu besoin de tracer une
ligne de démarcation nette, entre ce qui relève de la provocation pour
alimenter des débats entre des écoles de pensée, et ce qui relève d'une
conduite opportuniste tendant à promouvoir des intérêts obscurs.