Le contrôle social en société dite démocratique

Qui n'a jamais entendu cette expression, employée pour parler d'une
situation chaotique ? Pour ses détracteurs, une société anarchiste serait proche
de la jungle, alors que nos sociétés «démocratiques» seraient organisées...
Et pourtant... la misère, les obscurantismes et les guerres n'ont jamais été
aussi présents... La démocratie telle que nous la vivons est donc loin d'être
neutre politiquement : seuls les riches et les puissants s'y retrouvent et ont
intérêt à maintenir le système en place.
Là où les dictatures fascistes et communistes ont inventé le camp de
concentration et le goulag, le système démocratique bourgeois utilise un procédé
qui lui est propre : le contrôle social. Il s'agit d'intégrer de force l'individu
au système, ou mieux de l'y faire adhérer de lui-même selon le principe
bien connu de la servitude volontaire décrit par La Boëtie. En parallèle, il
convient de surveiller d'une façon ou d'une autre les individus pour anticiper
et repérer dès l'origine toute velléité contestataire. Le système démocratique
bourgeois n'hésite pas enfin, à réprimer les comportements déviants
sous prétexte de sécurité.
Le thème central de cette brochure est l'analyse de cette logique intégration-surveillance-répression,
omniprésente dans notre quotidien. Les médias,
la vidéosurveillance, le travail salarié, l'implication «citoyenne», le
discours sécuritaire... sont autant d'outils au service du maintien de l'ordre
établi.
S'il est évident qu'une société doit être organisée pour fonctionner, encore
faut-il savoir au service de qui. On passe très vite de la morale à l'ordre
moral... et de l'ordre moral à la perpétuation de l'ordre social... Le
groupe dominant tente d'instaurer le respect de ses propres valeurs ; celles-ci
se transformeront en normes puis s'organiseront en «idéal». L'institutionnalisation
des normes se réalisant soit par l'intériorisation, soit par l'établissement
d'un système de sanctions.
C'est pourquoi nous abordons quelques pistes
pour résister dès aujourd'hui, en rappelant
qu'il est possible de construire d'autres
formes d'organisation sociale, qui seront librement
choisies par tous, selon les principes
de la liberté comme base, l'égalité
économique et sociale comme moyen et
la fraternité comme but...