Les damnés du ciel et de la Terre

L'enfer et les démons ne font plus vraiment peur aujourd'hui. Les
damnés de l'au-delà se sont comme évanouis, remplacés par ceux de la terre,
terriblement banalisés de nos jours et une rapide investigation sur la toile
révèle que les damnés de la pollution sont les plus visibles. Comment s'en
étonner lorsque les seuls paradis évoqués sont fiscaux ?
Chaque époque construit un enfer et un paradis à son image. A l'époque
moderne, l'enfer n'était pas une métaphore. Il appartenait à cette pastorale de
la peur si bien mise en lumière par Jean Delumeau. Les sermons, les images
annonçaient une éternité de souffrance pour ceux qui sortent de la norme ;
Les damnés seraient étouffés, avalés, broyés, déchiquetés, éventrés,
éviscérés, violés et tout cela dans un éternel recommencement. Les peintres
comme les prédicateurs dessinaient une perfection du malheur ; ils disaient
l'inconcevable, l'éternité d'une souffrance inutile car le damné contrairement
au martyr ne pouvait rien espérer. Quelles structures mentales, quelles
conceptions du monde purent autoriser un tel déchaînement de violence et de
haine ? Comment en est-on sorti ? Telles sont les questions abordées dans cet
ouvrage.