Le rêve dans le roman marocain de langue française : les labyrinthes de la vie intérieure

Le rêve occupe une place très importante dans l'organisation du roman marocain de langue française. Il remplit plusieurs fonctions déterminantes et répond parfaitement aux exigences des écrivains marocains qui déplacent et bouleversent les paramètres classiques du genre romanesque. Il organise, de même, le rapport fondamental qui se noue entre le lecteur, «ce phénoménologue sans le savoir», et le personnage, cet être fictif, représenté souvent, comme étant insaisissable, sans cesse en train de s'affirmer et de s'annuler dans une continuelle dialectique intérieure. La polyphonie intérieure, la dramatisation de la conscience, les souvenirs, les fantasmes, les rêves nocturnes, l'hallucination, l'énigme du moi et de l'identité personnelle, les rhétoriques du double, la conscience de soi, la crise du sujet, le rapport de jouissance du récepteur, le méta-récit, la déconstruction du genre, tous ces aspects représentés par le rêve comme un événement d'état et un large procédé d'écriture sont étudiés avec une méthodologie qui emprunte ses outils à la poétique, à la phénoménologie, à la psychanalyse et à l'esthétique de la réception.