Une maison sans fille est une maison morte : la personne et le genre en sociétés matrilinéaires et-ou uxorilocales

Une maison sans fille est une maison morte : la personne et le genre en sociétés matrilinéaires et-ou uxorilocales

Une maison sans fille est une maison morte : la personne et le genre en sociétés matrilinéaires et-ou uxorilocales
2007512 pagesISBN 9782735111299
Format: BrochéLangue : Français

Qu'en est-il de la notion de personne, femme et homme, dans ces sociétés

rares qui sont à la fois matrilinéaires (tout individu appartient uniquement au

groupe de parenté de sa mère, qui transmet seule la filiation) et uxorilocales

(c'est l'homme qui, au mariage, s'exile pour vivre chez son épouse) ? On les

prétend souvent «matriarcales»... À tort, car les femmes n'y possèdent pas

sur les hommes le pouvoir majeur que ces derniers ont sur elles dans les sociétés

patriarcales, majoritaires dans le monde. D'autres sociétés présentées dans

ce livre sont également uxorilocales, tout en reconnaissant la filiation du

côté des deux parents. Et c'est ce phénomène de l'uxorilocalité qui est étudié

ici pour la première fois en tant que lien principal entre quatorze sociétés :

Hopi, Navajo, Wayuu (Guajiro), Huaorani, Matsiguenga, Shipibo-Conibo,

Tulu, Muduvar, Ngazidja, Minangkabau, Ngada, Puyuma,

Kavalan, Nazé.

Des régions sèches de l'Arizona à la forêt amazonienne, des Comores à l'Inde

du Sud, de l'Indonésie à la Chine et à Taiwan, ces populations vivent d'économies

diverses (agriculture, élevage, chasse et cueillette, horticulture, pêche,

et maintenant souvent travail salarié). Certaines de ces cultures sont résiduelles

et en voie de profonde altération face au choc des «modernités» techniques,

politiques et culturelles, d'autres sont encore prospères et démographiquement

importantes ; certaines sont hiérarchisées, d'autres non ; la plupart sont

christianisées ou islamisées, sans avoir perdu pour autant leurs spécificités.

Toutes nous font découvrir des solidarités structurelles entre les femmes,

harmonieuses ou antagonistes, et liées à l'uxorilocalité - solidarités auxquelles

l'ethnologie s'est peu intéressée. On verra aussi que d'autres facteurs, internes

et externes à ces sociétés, interfèrent pour produire soit une inégalité

entre les sexes/genres, soit un équilibre quasi égalitaire dans les rapports

hommes/femmes.

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