J'habite une tour d'ivoire

À Princeton en 1966, lors
d'une session du Groupe 47,
Peter Handke fait un éclat
en s'opposant à la vogue du
«réalisme» en littérature. Il
revendique le formalisme
reproché aux écrivains qui se
refusent à raconter encore des
histoires, tout en recherchant
des méthodes nouvelles pour
décrire le monde, et défend
l'idée qu'ils habiteraient une
«tour d'ivoire». Confrontation
avec Brecht, Horváth ou
Bernhard, avec les méthodes
du théâtre et du cinéma ou
avec le discours de la justice,
cet ensemble de textes passe
du sérieux à l'humour, de
méditations austères aux
«gais feuilletons». Handke
s'attache à y définir sa position
par rapport à l'écriture :
«Longtemps, la littérature a
été pour moi le moyen, si ce
n'est d'y voir clair en moi, du
moins d'y voir tout de même
plus clair. Elle m'a aidé à
reconnaître que j'étais là,
que j'étais au monde.»