A vendre paysages

Poétique, politique, polémique... La poésie
s'intéresse à tout ce qui touche l'humain.
Elle s'est penchée sur l'évolution des sociétés,
souvent pour en dénoncer les travers ; en
témoignent, par exemple, Les embarras de Paris ,
de Boileau, ou Les villes tentaculaires , d'Émile
Verhaeren. Et voilà que notre productivisme,
insoucieux de l'environnement, nous menace.
Nous commençons à écouter ceux qui prônaient depuis longtemps le
respect de notre planète. Mais n'enfermons pas l'écologie dans la seule
production d'énergie : ce serait la réduire. Si elle se préoccupe de
l'homme dans son milieu, d'un point de vue physique autant que
psychologique, elle n'en oublie pas l'esthétique, indispensable à notre
joie de vivre. Hérisser nos paysages d'immenses éoliennes qui
confisquent le regard ne constituerait qu'un pis-aller précipité,
exhibant la mainmise implacable de l'industrie sur l'humain.
Ces poèmes veulent témoigner à leur tour d'une laideur industrielle
et, indirectement, amener à penser que nous sommes capables de
sauver le charme de nos sites en inventant des éoliennes discrètes,
efficaces et intégrées à la plupart de nos habitations, autant rurales
qu'urbaines : les zones à vent ne sont pas sectaires. Sera rendue ainsi à
chacun une part d'autonomie et le poète qui sommeille en vous
pourra caresser des yeux les douces collines apaisées.