Procéder : pas d'action, pas de droit ou pas de droit, pas d'action ?

Aujourd'hui méprisée, la procédure semble déserter les enseignements
des facultés de droit, alors même que les praticiens en ressentent chaque jour
l'urgente nécessité. Trop souvent, ces règles sont perçues comme des
obstacles à la fluidité du processus juridictionnel : elles en ralentissent et
obscurcissent le cours et parfois même, c'est leur utilité qui est remise en
cause. En outre, plusieurs thèses soutenues ou publiées récemment montrent
qu'au-delà des mécanismes techniques, la procédure peut être riche
d'enseignements sur la manière dont une société perçoit les conflits et la
façon d'y remédier. C'est pourquoi l'IAJ et Droit et Cultures ont choisi
d'organiser des Journées sur ce thème. Sa richesse est telle qu'il a fallu
limiter les investigations aux seules procédures contentieuse et gracieuse,
c'est-à-dire aux mécanismes mis en oeuvre pour donner une solution aux
conflits de droit.
En réunissant les réseaux de chercheurs des deux centres il a été possible
d'aborder la thématique choisie sous les angles les plus divers grâce à
l'apport des historiens juristes, des praticiens, des sociologues, des
anthropologues, etc.
Cette démarche s'inscrit clairement dans le cadre du programme
scientifique de l'Institut d'Anthropologie juridique de Limoges : il ne s'agit
pas d'interroger des expériences anciennes ou extra européennes dans une
simple logique d'érudition mais d'enrichir le débat contemporain relatif à
l'évolution du droit et des institutions, en lui restituant une dimension
culturelle trop souvent négligée au profit de la pure technique.