A l'ombre du Bihan

Le village de Gercourt et Drillancourt, au nord de Verdun, à
une encablure de Montfaucon, recèle une histoire particulièrement
riche. Alain Fisnot nous y avait déjà invités dans son
roman historique 1792, Mourir pour Verdun , qui a reçu à
Charmes (88) le prix Félix-Vazemmes.
Dans cette nouvelle invitation à découvrir ce village, l'auteur
nous propose une légende autour d'un château ou d'une grosse
ferme ruinée au sujet de laquelle il n'existe apparemment pas de
documents. Le bouche à oreille a juste colporté la destruction
d'un château dit de Bihan dont il ne reste aujourd'hui qu'une
appellation territoriale, le «fonds de Bihan», d'où les
agriculteurs ont extrait des taques de cheminée. C'est en regardant
l'une d'elles, dans la cour de la ferme où vécut le personnage
de son premier roman, qu'est venue l'idée de raconter cette
légende qui prend, à la fin du XVII<sup>e</sup> siècle, son emprise sur les
vrais personnages qui ont occupé les lieux de cette époque.
Alain Fisnot en a fait un roman noir historique surprenant qui mène
le suspens jusqu'au bout d'une incroyable histoire. Elle n'est pas sans
rappeler certaines affaires troublantes de notre époque (affaire des
jeunes filles de l'Yonne, affaire Dutrou, affaire Heaulme...) dont le
sordide n'est guère moins noir que celui décrit dans ce roman. Le
personnage Robert de Bihan, en effet, a sans doute les caractéristiques
du malade qui se balade quelque part près de chez vous et qui, tapi dans
l'ombre, n'attend que le moment fou d'agir, envers et contre tout le bon
sens social.