Mort d'un rae rae

La curiosité peut ne pas enrichir l'esprit
Du soleil, des vignes, la Méditerranée sous le ciel bleu du Roussillon
et l'odeur lourde de la garrigue surchauffée. À Bastides, où tout semble
n'être qu'harmonie et douceur, les journées s'écoulent paisiblement.
Semble seulement, car Tiurai Mahanu ne s'en apercevra que très peu de
temps et n'en profitera jamais. Tiurai est un polynésien, sensible, tendre
et raerae. Un homme qui, suivant une coutume de ces îles lointaines, vit
et s'habille comme une femme, dit-on là-bas. Pas un homo : un raerae.
Nuance. Tiurai est aussi à la recherche de son identité et de son père
naturel qu'il n'a jamais connu. À la mort de sa mère, il quittera son île
pour aller à sa rencontre, plein d'illusions et d'attentes. Certains, à
Bastides, n'auront pas sa sensibilité. Ils ne partageront pas ses espoirs.
Le pic-herminette d'un rugueux vigneron catalan sera là pour l'avertir.
Définitivement.