Et si la beauté de ce festin... : récit utopique

«Nés du silence, ils meurent dans le silence, ainsi ils
rejoignent les amas d'étoiles, les pléiades et la lumineuse
constellation de ceux qui ne souffrent plus, ayant quitté ce
monde, libérés de leurs véhicules terrestres. Emportés dans les
airs par le char aux rennes qui scintillent, de leurs aïeux. Les
yeux de cendre, inertes, brillent de la douce lumière de la lune
sur le Hoggar, Tamanghasset, ses ergs, ses oueds, ses canyons et
ses pierres aiguës non écrites.
Un vent léger fait trembler les herbes sur un long cordon
dunaire et ses ondulations sablonneuses créent des formes
humaines ou animales. Au loin, la verdeur des palmiers, des
dattiers.
Par delà, la porte de l'enfer : le Sahara resserre son étau et
sape tous les espoirs, les hommes tombent par milliers, de soif
et de faim».
L'auteur décrit la lente mais sûre agonie du continent africain
qui lutte jour après jour pour résister contre sa disparition
annoncée. Dans une langue sans concession, il convoque le
passé, le présent, et l'avenir autour de l'arbre à palabre pour
suggérer sa propre utopie d'artiste avant la destruction de la
planète tout entière.