Les voyageurs français et le multiforme "mystère" italien : voies sacrées, récits profanes, réseaux textuels, 1910-1940

Les voyageurs français et le multiforme "mystère" italien : voies sacrées, récits profanes, réseaux textuels, 1910-1940

Les voyageurs français et le multiforme "mystère" italien : voies sacrées, récits profanes, réseaux textuels, 1910-1940
2008350 pagesISBN 9782952861762
Format: BrochéLangue : Français

Les premières décennies du XX<sup>e</sup> siècle bouleversent l'Europe. Toutes

les connaissances semblent bousculer par la rapidité des liaisons et

de la diffusion des idées : parmi les noms marquant les nouvelles

idéologies du siècle précédent, le mot tourisme est celui qui met le

mieux en évidence l'abolition des visées absolutistes et la facilité par

laquelle le mot frontière ne signifie plus séparation , mais seuil inaugurant

un voyage de plaisir et de connaissance. La renommée de l'Italie en

France est stable depuis des siècles : son mythe dépassant le marquage

historique n'est pas remis en discussion.

Depuis le Moyen Âge, l'Italie fait l'objet d'un pèlerinage qui s'attache

d'abord à la sacralité des lieux et qui devient par la suite éminemment

culturel et profane. Très considérable est l'afflux des voyageurs, parmi

lesquels de nombreux écrivains, qui franchissent la frontière italienne

au début du XX<sup>e</sup> siècle et durant tout le Ventennio. Il s'agit désormais

d'un pèlerinage d'esthètes, lié à la vérification sur le terrain des émotions

éprouvées par les connaissances livresques de l' iter italicum : Henri de

Régnier, Gabriel Faure, Camille Mauclair, Ferdinand Bac, et beaucoup

d'autres, font de leurs innombrables voyages en Italie une source

inépuisable de ravissements de l'âme et du corps, frisant l'anachronisme.

Emblème de la permanence du spirituel, l'Italie confirme la transitivité

de ses lieux propre à la modernité, fixée par le pouvoir absolu de son

patrimoine artistique. Mais l'idéologie et les moeurs du Ventennio sont

mal acceptées : beaucoup de voyageurs ne s'en remettent pas des

transformations fascistes. C'est à ce moment que la notion de frontière

redevient front signifiant une existence à part et inconnue. Le mythe

italien va jouer un double rôle : celui qui se refait au Romantisme et

même au Préromantisme, et celui d'une attitude toute neuve décrivant

la Péninsule de façon documentaire. Jean Ajalbert, Paul Hazard et

Charles Maurras rédigent des réflexions journalistiques, des récits en

sorte de reportages qui laissent peu de place à l'évasion romanesque,

mais qui décrivent plutôt un Pays qui agit, qui veut affirmer - même si

de façon violente - une autre identité, en dépit des étrangers dépaysés.

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