Outrage et parti-pris

Un jeune figuier s'incruste au pied du tronc d'un beau palmier
qui faisait la fierté d'un espace public. Il grandit et se
développe au point de rivaliser avec le palmier en taille et en
envergure. Et puis survint le malheur ! Quelqu'un a pris l'initiative
d'abattre le palmier.
Le narrateur, qui a suivi les pérépéties de ce fait divers anodin,
dénonce avec rage cet outrage. Cela a-t-il un rapport
avec son passé, son parcours dans la vie, les revers endurés,
ses souvenirs de famille, sa traversée du désert. Le lecteur
aura l'impression que le narrateur a subi le même
sort. Quelqu'un aurait démoli ses repères et c'est ce qui
expliquerait sa colère et sa tristesse.
La vengeance, voilà l'alternative à un équilibre difficile à préserver,
un équilibre qui échappe souvent à notre entendement : on
égorge, on dépouille, on dépèce, on débite, on réduit et nous voilà
en paix et nous voilà sereins.
Décidemment, la vue du sang a un impact difficile à qualifier.
Quel est donc notre passé avec le sang ? Pourquoi exerce-t-il sur
nous cette attraction et cette répulsion ? Quel est son secret ? Ce
besoin grégaire de vouloir faire couler du sang, afin de laver une
injure, afin de réparer un tort. Quelle est la signifiance de la vengeance
! (extrait).