Les crépusculaires

Etudiante en sciences à Montpellier, Iulia a commencé à
écrire des contes pour ses neveux alors qu'elle avait dix ans.
Mais c'est surtout sa confrontation avec la littérature du dix-neuvième
siècle qui confirmera sa passion pour l'écriture. Elle
présente ici son premier recueil, qu'elle préfère qualifier
«d'expérience vive» plutôt que d'oeuvre véritable.
Ce recueil ne cherche pas à exhiber la contemporanéité de
la poésie. Il témoigne simplement de l'envie d'une jeune fille de
vingt ans de décrire certains aspects du monde qui l'entoure au
moyen d'un langage différent, un langage qui patiente
inlassablement et qui s'offre totalement lorsqu'il est sollicité.
Avec Les crépusculaires , Iulia décide d'écrire ses mémoires
avant l'heure, de prendre chaque fragment de sensation pour
lui attribuer une autre légitimité que celle de l'expérience. Elle
patauge dans l'entre-deux de l'adolescence, retombe en enfance
pour vieillir brusquement avant de réaliser que tout ceci revêt
du rêve. La jeunesse est porte-parole autant qu'elle est
coupable, coupable d'être jeune, amoureuse, ingrate, fragile et
destinée à vieillir.
On commence par des Mémoires , vécues, souvent
imaginées, un pathétisme feint et pourtant prémonitoire qui
donne à l'introduction une résonnance posthume. En
conclusion, on revient à l'âge biologique où chaque instant se
vit au travers du sommeil et où toute certitude est évanescente.
Entre les deux, le crépuscule, seul moment où la vision
apparait comme indéfectible et claire, interlude où tout doit
mourir sans que le souvenir ne vienne interférer dans la
transition.
La poésie est la voix indispensable pour soutenir ces aveux ;
c'est le seul outil encore en mesure de redéfinir les mots pour
leur conférer l'intemporalité du vrai.