Le voleur de paradis : le bon larron dans l'art et la société (XIVe-XVIe siècles)

«Aujourd'hui même, tu seras
avec moi au Paradis», dit le Christ
à l'un des deux malfaiteurs crucifiés
en même temps que lui. Ce brigand
l'avait pris en pitié, tandis que
l'autre l'injuriait. La tradition fit
du premier le Bon larron et
du second le mauvais.
Un criminel frappé d'infamie
est donc devenu le premier de tous
les saints sans autre intercession
que celle du Sauveur lui-même.
Et sans itinéraire de pénitence.
Son seul mérite tient à son élan
de foi, d'espoir et de compassion
au terme d'une vie pécheresse.
Se fondant sur les traditions
populaires, les récits de pèlerinage,
le spectacle de la mort publique et
les oeuvres d'art, Christiane Klapisch-Zuber
propose un exceptionnel
voyage dans l'imaginaire occidental.
Du Moyen Âge à la Renaissance,
voici une redécouverte novatrice
de la peinture italienne et allemande.
Alors que le destin de l'âme dans
l'Au-delà fait plus que jamais débat,
alors que la justice urbaine met
en scène avec une férocité croissante
exécutions et supplices, le «voleur
de Paradis», le Bon larron, promet,
lui, de tout autres horizons...