Six mois, une vie : Rwanda, 1994 : un peu d'humain au coeur de l'inhumain

Entre le 6 avril et le 4 juillet 1994, plus de 800 000 Rwandais
ont été assassinés au vu et au su du monde entier. 18 ans après
le dernier génocide du XX<sup>e</sup> siècle, l'auteur revient sur ce drame
à travers son histoire personnelle et familiale. En janvier 1994,
leur quatrième enfant arrive du Rwanda. Au mois d'avril, peu
après le déclenchement des massacres, ils apprennent qu'une
partie de la famille de l'enfant a été tuée. Ne reste qu'une
petite fille de 12 ans, Kazungu, hébergée à l'orphelinat
Gisimba, à Kigali. Dès cet instant, ils vont tout faire pour
tenter de la secourir et la ramener en France. S'ensuivent des
mois de bataille et d'investissement de chaque minute, alors
même qu'ils ignorent si la fillette est vivante.
«Sur la toile de fond de ce drame historique, Josiane Le
Bescond fut mêlée à des événements qui la dépassaient, mais
dont elle était aux premières loges pour saisir toute l'horreur.
Journaliste et mère adoptive de deux enfants rwandais, elle
nous livre ici, en un vrai cri d'indignation, un témoignage
personnel d'une rare intensité.
«Il faut lire ce récit pour prendre conscience non seulement
de l'ampleur des événements et de leur caractère proprement
inhumain, mais aussi de la barbarie de certains hommes et de
l'irresponsabilité du pouvoir d'États européens, pétris de certitudes
et de bonne conscience. En un temps où Paris, à l'aide de
lois mémorielles, s'emploie à stigmatiser certains États étrangers,
il serait bon, par ailleurs, que nos autorités se préoccupent
de balayer devant leur propre porte.» Yves Plasseraud