Le Kivu pour la paix ! : les actes de la conférence de Goma

Le 20 décembre 2007, le président Joseph Kabila convoque une «Conférence
sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord-Kivu et
du Sud-Kivu». A l'issue des travaux de cette rencontre entre Kivutiens qui s'est
déroulée du 6 au 23 janvier 2008, il dit :
"Pendant plus de trois semaines, elle aura retenu l'attention de toute la Nation,
l'ensemble des Congolais, autant que tous nos partenaires n'ayant qu'une et unique
préoccupation, à savoir : le rétablissement rapide de la paix dans les deux provinces
martyres du Nord et du Sud-Kivu. [...]
Il est en effet inacceptable que [...] les populations du Kivu déploient leur
génie et leurs efforts pour s'anéantir les unes les autres. En ma qualité de garant
de la Nation, je ne pouvais laisser fleurir davantage une telle culture. Il était
temps d'organiser cette Conférence et d'appeler chacun devant le tribunal de sa
conscience. [...].
L'abondance des recommandations qui viennent d'être rendues publiques et
les engagements souscrits par les uns et les autres sont de réconfortants signes
d'espoir. De grâce, n'en faisons pas de simples voeux pieux.
Sur les sceptiques, nous avons certes gagné une grande bataille car, il y a peu
encore, beaucoup pariaient sur l'impossibilité d'un accord entre Kivutiens. Nous
ne sommes pas pour autant au bout de nos peines. Un nouveau défi se dresse devant
nous, un défi plus important et plus difficile que celui d'hier : le défi de la mise en
oeuvre.
La construction de la paix est un processus généralement long et souvent semé
d'embûches. Mais elle est une oeuvre exaltante, car au bout d'éprouvants efforts
se trouvent d'incommensurables dividendes : sécurité, investissements, emplois,
revenus, scolarisation des enfants, santé des mères, bien-être de tous, bref : le
développement. [...].
Après de nombreuses années de guerre, la paix ne peut naître sans dialogue
ni pardon. La Conférence y a pourvu, et la Commission Vérité et Réconciliation
viendra parfaire ce qui a été amorcé. Il nous faut maintenant penser à sécuriser
cette paix naissante."