Réfutation du monothéisme

La religion est-elle la plus importante des vérités universelles,
fondée sur une révélation divine, ou est-elle simplement un
phénomène culturel, une invention humaine ?
Une convention sociale tenace exige que les problèmes religieux
soient toujours abordés avec la plus grande déférence. Cette
convention constitue un préjugé dont il faut absolument se
défaire.
La tolérance est une vertu qui s'exerce envers les hommes et non
envers les idées. «À chacun sa vérité» est un principe pervers car
il nie l'objectivité de la vérité.
La tolérance signifie que tout homme a le droit absolu de professer
des idées fausses et de s'en faire l'ardent prosélyte. Mais celui qui
est lucide a le droit et le devoir d'attaquer impitoyablement ces
idées, d'en dévoiler l'incohérence, le ridicule et l'odieux.
Le débat d'idées est toujours une bonne chose car le choc des
idées accélère le triomphe de la vérité. Le simple refus du débat
d'idées est déjà une faute.
Le fondement pratique de la tolérance à l'égard du débat d'idées
réside dans la conviction que les idées justes n'ont pas besoin d'être
protégées parce que dans la lutte permanente qui les oppose aux
idées fausses elles finissent toujours par l'emporter.