Rêveries d'un soldat solitaire : le quotidien d'un appelé du contingent au temps de la guerre d'Algérie, 1960-1962

De Marseille à Alger sur le vif
Je viens juste de terminer "La traversée" mon premier contact avec ce texte.
En quelque sorte, je débarque de ce premier extrait pris au hasard. Je dois
dire que ça se lit avec "plaisir". On dit : "j'aurais aimé être petite souris pour
le vivre". C'est exactement comme si on se trouvait dans la poche de ce jeune
soldat. J'ai tout vu, tout entendu, tout ressenti, tout senti, tout vécu.
Sans complaisance, sans vulgarité, sans rébellion. Pas un instant d'ennui.
Un regard de proximité aussi bien que de distance. Une peinture réaliste au
coup de brosse émotionnel qui ne se perd pas dans des parades intellectuelles.
La plume narratice est vivante, humaine, sensitive. Elle capte l'attention...
On nous embarque sur un terrain miné sans que l'on ait à se perdre dans les
noeuds de la géopolitique. Ce sont les tripes du jeune appelé qui parlent.
Il n'est pas fondu, inconnu dans la masse stratégique.
Elise-M.C. Vielpeau
(Enseignante Arts)
Paris mars 2005
Ici c'est autre chose qu'une époquée de bazar
Les observateurs seront surpris de découvrir ici autre chose qu'une épopée
de bazar. Dans ces "Rêveries d'un soldat solitaire" les lecteurs se sentiront
eux-mêmes comme capturés par quelque chose de plus grand qu'eux : l'idée
du désert. Car dans ce roman, le désert constitue aussi la trame même de
l'oeuvre, ce même désert qui révèle Bernard Landry à lui-même. Ici, le
mémorialiste accompli un travail de bénédictin, pour que rien ne soit perdu,
pour que tout lecteur réfléchisse sur la relativité des choses et sur les dangers
qu'il y aurait à s'égarer dans les métaphysiques d'honneur et de gloire. Placé
face à lui-même par les circonstances, il a fait ce qu'il a pu pour rester un
homme, simplement un homme.
Michel Héroult
(Sociologue)
Etrechy juillet 1996