La science politique une et multiple

La science politique française - les chapitres de ce livre en
donnent presque tous l'exemple - se perçoit aujourd'hui
comme légitime, et, assurée de l'être, elle ne mesure plus sa
légitimité à celles des disciplines qui pourraient paraître peu ou
prou concurrentes. Les disciplines de l'arc des sciences sociales
sont acceptées dans leur validité scientifique et dans leur diversité
interne. Le débat entre disciplines redevient possible et peut
avoir sa pleine fécondité. L'événement vaut d'être commenté. Il
clôt une période, sur laquelle il n'est pas utile de revenir, où la
science politique française vivait fort mal ses relations avec les
disciplines voisines, le droit, la sociologie, l'histoire, l'économie,
d'autres encore. Tantôt la science politique était conçue
comme devant se fondre dans l'une ou l'autre de ces disciplines,
et par exemple la sociologie, tantôt, elle s'érigeait en
machine de guerre contre ses voisines, affirmant détenir seule la
compréhension des phénomènes, et par exemple de la «force
du droit». Cette période est révolue. Ce n'est pas pour autant la
fin de l'histoire...
Préface de Pierre Favre