La dernière croisade : les fous de Dieu version américaine

En sillonnant les États-Unis pour conduire mes recherches
sur l'influence des chrétiens évangéliques sur la texture
morale, sociale et culturelle de l'Amérique, j'ai découvert que
mon pays est devenu la proie d'extrémismes irrationnels.
Même les adversaires du programme religieux et militaire de
George W. Bush, tel Michael Moore, ne sont pas impartiaux
dans l'exposé de leurs idées et rendent compte de l'autre face
du tableau avec un dogmatisme et un dédain comparables à
ceux dont use la présente administration pour susciter la
crainte dans le coeur de tous les Américains.
En tant qu'Américaine, j'ai toujours été fière de mon pays à
cause de toutes les libertés qu'il reconnaît à ses citoyens, de
l'humour et de l'aisance que les Américains manifestent dans
leurs rapports aux autres peuples, à cause enfin du climat
général de ce pays où l'effort est récompensé, où l'individu
peut réussir à tout faire, quel que soit au départ son statut
économique ou social.
Les temps ont changé.
La triste leçon qu'il nous faut tirer aujourd'hui est que
l'extrémisme sous toutes ses formes est l'ennemi juré de la
paix et de la prospérité. Si les États-Unis s'obstinent à mener
seuls la guerre pour l'éradication du terrorisme islamiste, je
crains fort qu'on n'assiste en vérité à la dernière croisade pour
mon pays et pour le monde.