Théophane de Sigriani le Confesseur, 759-818 : un héros orthodoxe du second iconoclasme

Personne ne peut prétendre connaître Byzance on son histoire et ignorer
la Chronique de Théophane . Cet ouvrage constitue pour l'historiographie
byzantine le point de passage d'un temps historique « avant Théophane » à
un temps « après Théophane ». Sa popularité est en outre manifeste du fait
qu'elle servait de livre scolaire, même pour les princes, pour l'apprentissage de
l'Histoire. Le fait qu'Anastase le Bibliothécaire l'a choisi pour le traduire en
latin, est la preuve irréfutable de l'autorité scientifique de la Chronique dans
le monde occidental. Or, il faut être un spécialiste pour apprécier le débat
acharné autour du rôle de Théophane à la composition de cet ouvrage transmis
sous son nom. Cette question, qui tourmente la recherche historique depuis
de X<sup>e</sup> siècle, ne peut toutefois pas être dissociée de l'étude de la personnalité,
toujours énigmatique, de Théophane.
Qui était alors Théophane ? Qui était cet homme, né dans un milieu
iconoclaste, qui a terminé sa vie comme confesseur de la cause des icônes ?
Cet homme, né dans l'opulence, qui après un mariage de raison, prit l'habit
monastique et passa sa vie comme un humble moine ? Comment, de cet
homme ordinaire, le parti iconophile a créé un héros de la cause des icônes ?
Et pourquoi, au X<sup>e</sup> siècle, Constantin VII le Porphyrogénère et la propagande
du Palais ont voulu propager la légende de Théophane ancêtre impérial et
saint officiel de la cour ?